Cette expérience qui m'a poussée à créer mon blog


Hello vous!

Comment s'est passé votre week-end? Me voilà tout juste rentrée de deux jours de travail aux ventes de chevaux, prête à vous écrire cet article dont je vous parlais ce matin sur Instagram, vous expliquant pourquoi j'ai voulu créer mon blog. 

Pleins de raisons nous poussent un jour à passer de lectrice à blogueuse. L'envie de partager quelque chose qui nous passionne, d'échanger avec d'autres personnes, de donner un support réel à notre petit univers. Ce qui est assez ironique d'ailleurs quand on sait qu'internet fait partie du monde virtuel. 
Pour ma part, toutes ces raisons sont vraies, mais il y en a aussi une autre un peu plus personnelle que j'aimerais aujourd'hui partager avec vous. Je n'en parle pas souvent car je n'ai pas envie qu'on s'apitoie sur mon sort, mais je me dit que mon histoire pourrait peut-être aider des personnes ayant vécu une expérience similaire. J'espère ainsi pouvoir redonner de la force à certaines d'entre vous. 

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Je vais donc vous raconter une histoire, pour partager avec vous mon histoire. 

Pour beaucoup, l'adolescence représente l'époque de la recherche de soi, on y vit nos premières expériences en tant que jeunes adultes que nous pensons être, nos premiers amours, nos premières fêtes. Dans mon cas, toutes ces expériences ont également été accompagnées de beaucoup de questions, pourquoi moi? quand est-ce que cela s'arrêtera? Pas le temps pour attendre les réponses, il faut continuer d'avancer... 

Quelques semaines avant Noël lors de mon année de 4ème, mes amies ont commencé à rigoler un peu de moi, gentiment, parce que j'avais dans les cheveux un épis très marqué. Au point de former presque un trou. Je n'y prêtais pas vraiment attention, ça me faisait rire aussi, de toute façon c'était derrière je ne le voyais pas. 
Mais ce troue continua de grandir, jusqu'à ce que j'en parle à mes parents qui me disent qu'ils l'avaient également remarqué, ainsi que de nombreux cheveux qui traînaient de plus en plus après mon passage dans la salle de bain. 

Comme on partait bientôt en Argentine pour les fêtes, on décida de vite consulter un dermatologue pour ne pas s'en inquiéter pendant les vacances. Le médecin m'informa alors que je faisais une pelade. On n'en connaît pas bien les causes, mais ça n'était pas très grave, on devait pouvoir facilement l'arrêter vu son stade débutant. J'ai commencé alors mon traitement avec des médicaments favorisant la repousse, et nous partons tous tranquillement en vacances. 

Malheureusement ça ne s'arrêta pas. Chaque coup de peigne était une touffe de cheveux en moins. Ça tombait mal, avec la piscine, obligée de se peigner régulièrement. Et j'étais là, simple témoin face à ma tête qui devenait de plus en plus dégarnie. Commença alors une recherche du peigne aux dents les plus larges possibles en espérant que mes cheveux restent le plus possible sur la tête. 

Les vacances finies, nous sommes rentrés en France. À mon retour au collège, mes profs et camarades ont découvert une élève au crâne pratiquement chauve. Beaucoup sans vraiment s'y connaître , s'inquiétaient en pensant que j'avais peut-être le cancer. Mais non, mon corps allait bien, c'était juste mon coeur qui avait mal. Ce que tout le monde redoute dans le cancer c'est de perdre les cheveux. Dieux merci je ne l'ai pas eu, mais j'ai quand même perdu tous mes cheveux. 

De là ont commencé des tonnes d'examens pour tenter de comprendre. On soupçonna une allergie aux appareils dentaires ou un problème de thyroïde... mais non, ce n'était rien de tout ça. On essaya plein de traitement, tout produit pouvant stimuler la repousse des cheveux a été essayé, mais rien n'y faisait. Tous les matins, je me réveillais avec l'appréhension de voir combien de cheveux il y aurait sur mon coussin. C'était devenu un reflex dès que j'ouvrais les yeux... 
J'ai appris à vivre avec cette nouvelle image de moi, ou plutôt sans image du tout. Tout reflet dans le miroir était douloureux, et donc évité au maximum, de même que les photos. J'ai appris à vivre avec des gens qui me dévisageaient, des gens qui me disaient "Bonjour jeune homme". Je considèrais chaque repousse de cheveux comme une petite, non, une grande victoire. 

Ne pouvant pas porter de foulard ou de chapeau dans mon établissement scolaire, j'ai porté chaque jour un bandeau, le plus large possible, pour cacher au maximum. C'était d'ailleurs la première fois que j'en reportais un lors de cet article. Et j'ai continué à vivre ma vie de collégienne. Avec des amis en or, je le réalise encore plus maintenant. Bien sûr on s'est embrouillés des fois, mais tant mieux, parce que cela prouve qu'ils ont continué à me considérer comme la personne que j'étais, sans prendre de pincette. Et puis on a surtout rigolé, on s'est amusés et fait pleins de conneries de notre âge. À tel point que j'en ai oublié mes problèmes. Et rien que pour ça, je ne les remercierai jamais assez. 

Quand je vois toutes ces campagnes contre le harcèlement scolaire, je me dis que j'ai eu beaucoup de chance d'être entourée comme je l'ai été. Pas une seule fois je n'ai subi de moquerie durant ces deux longues années où au final, mon seul ennemi n'était que moi. 

C'est d'ailleurs durant cette période que mes parents m'ont offert Bahïa qui m'a beaucoup aider à me changer les idées, et qui me suit maintenant partout où je vais. Vous la voyez souvent faire des petites apparitions sur le blog ou les réseaux sociaux :p 

Tout ça s'est arrêté au moment de ma rentrée au lycée, comme pour me laisser la chance d'avoir un nouveau départ. On n'aura jamais vraiment su pourquoi s'est venu, ni pourquoi s'est parti. J'ai appris des années plus tard que mes parents pensaient divorcer à cette époque, et que mon problème (j'ai toujours refusé d'appeler sa une maladie par respect pour les gens qui ont des vrais problèmes de santé) les a fait se concentrer sur moi et oublier leurs problèmes. Peut-être que je l'avais senti et que je voulais les empêcher de se séparer... 

Il en ressort de tout ça une fille forte mais toujours très mal à l'aise devant son image. Et c'est là qu'est intervenu le blog. Pour combattre le mal par le mal. Pour me "forcer" à prendre des photos et affronter mon image, à m'accepter comme je suis. Je ne suis toujours pas très à l'aise mais ça n'a rien à voir avec mes débuts.
Le blog aura été une petite thérapie pour moi qui m'a permit de reprendre confiance en moi, et c'est pour cela qu'il est très important pour moi aujourd'hui.  



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1 commentaire

  1. Je découvre ton histoire et cela me touche beaucoup, car je me suis déjà imaginée perdre beaucoup de cheveux un jour et j'imagine que ça doit être insupportable à vivre, on doit se sentir moins féminine et dévalorisée. Je suis très heureuse que tout se soit arrangé un jour ! Effectivement ça pouvait être dû à une angoisse particulière mais ça peut aussi être hormonal paraît-il, et comme ça t'est arrivé en pleine adolescence c'est compréhensible du coup.
    J'ai aussi des problèmes de chutes de cheveux. J'en ai globalement assez peu, ils sont très fins, et l'avant de mon crâne se dégarnit d'années en années.
    J'essaye en ce moment un produit pour limiter la casse.

    C'est vrai qu'un blog mode, c'est vraiment top pour réussir à s'accepter physiquement. Se découvrir photogénique, c'est agréable comme sensation (surtout lorsque l'on a été dévalorisée un jour).

    Bref, merci pour ton témoignage et bravo pour ton courage :-)

    Bises

    Marine

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Merci pour vos petits mots <3